Novaya a rejoint 104factory, l’incubateur du CENTQUATRE-PARIS. Découvrez notre conversation avec Emanuela Righi, co-fondatrice afin d’en apprendre plus sur le projet, les ambitions et les motivations de l’équipe de Novaya.

Qu’est-ce que Novaya ?

Novaya est une société qui produit des expériences immersives artistiques utilisant la réalité augmentée. Novaya réunit des compétences plurielles, artistiques, techniques et de production, permettant d’assurer à la fois l’écriture des projets, la création visuelle de mondes réels et virtuels, ainsi que la fabrication de toutes les technologies innovantes nécessaires à leur réalisation. 


Qu'est-ce que la réalité augmentée ?

Chez Novaya, la réalité augmentée se traduit par la volonté d’augmenter un espace existant, un lieu existant, avec le dispositif des lunettes HoloLens 2 qui a été développé par Microsoft. A terme, nous sommes également ouverts à utiliser d’autres dispositifs, toujours du même type. L’idée est de créer des installations, des expositions qui puissent être visitées par groupe avec un certain nombre de visiteurs (environ une dizaine de personnes mais ils peuvent être plus ou moins nombreux). Nous adaptons nos expériences en fonction des lieux d’exposition. Le décor réel est augmenté, par des objets, des éléments qui peuvent être des personnes, des scènes virtuelles et qui se présentent comme des hologrammes qu’on peut voir à travers le dispositif des casques ou lunettes.


D'où vient l'idée du projet ?

“Les expériences immersives chez Novaya se déroulent quelque part, in situ, avec un public qui va venir sur place vivre l'expérience.”

Avec Pierre-Alain, cofondateur de Novaya, nous étions déjà associés dans une autre société qui s’appelle Providences. Providences est une société classique de production de documentaires de films. En 2018, les Champs Libres, équipement de la communauté d’agglomération de la ville de Rennes, a partagé à Pierre-Alain, qui collabore régulièrement avec le Théâtre National de Bretagne, l’envie de créer et de monter des expositions immersives. Ensemble, nous avons commencé à réfléchir à une exposition utilisant les technologies immersives. Nous avons commencé à étudier la question, nous avons d’abord pensé à la réalité virtuelle. Nous n’avions aucune compétence en la matière. Puis Pierre-Alain a rencontré quelqu’un de Microsoft, qui lui a parlé de la réalité augmentée avec le dispositif HoloLens. Solastalgia est la première installation immersive que nous avons produit avec la société Providences. La première source d’inspiration pour cette expérience était un film, un documentaire expérimental « Dans les limbes » d’Antoine Viviani, associé également à Providences. Pierre-Alain avait monté le film. Les thématiques abordées étaient liées à l’anthropocène, l’intelligence artificielle et les questions de numérisation de l’humanité dans des univers parallèles. Nous parlions déjà un peu de Métavers sans employer le terme. Il y a eu aussi une autre source d’inspiration importante, celle de l’ouvrage « L’invention de Morel » d’Adolfo Bioy Casares. Cet ouvrage raconte l’aventure d’un personnage qui s’égare sur une île déserte et rencontre des personnes, qui ont découvre à la fin être des hologrammes.

L’idée de cette première expérience immersive était d’augmenter un univers, à partir d’un décor réel. Dans ce cas un décor de fin du monde, de ruines, peuplé de personnages augmentés qu’on pouvait voir à travers le casque HoloLens1. Cette installation, nous l’avons créées pour les Champs Libres à Rennes, elle y est restée six mois, un peu écourtée par la crise sanitaire du Covid-19, puis nous l’avons exporté en Islande, à la Galerie Nationale de Reykjavik qui accueilli l’installation pendant une certaine période. A Reykjavik, le décor a été augmenté, avec des ruines, des fossiles, des sculptures créées par une artiste islandaise, avec un monolithe et beaucoup d’autres objets difficiles à déplacer. Cette expérience avait vocation, a rester longtemps dans le lieu.

Solastalgia n’a pas été évidente à monter et à créer. Il a fallu assimiler, apprendre à utiliser la technologie et combiner pleins de paramètres différents. Nous nous sommes donc adressé à un consultant avec qui nous avons commencé à étudier un peu la question de quelle technologie utiliser puis on est arrivé au dispositif HoloLens. De là, nous avons décidé de créer avec Pierre-Alain et une partie de l’équipe technique qui avait développé Solastalgia, Novaya en 2021 pour développer des expériences immersives en réalité augmentée


Où en est le projet aujourd'hui ?

“En un an et demi nous avons déjà parcouru un beau chemin"

Aujourd’hui, nous avons un projet principal qui va entrer en production grâce à plusieurs aides dont le CNC, et le Centre Pompidou. Ce projet est Noire. C’est une expérience immersive en réalité augmentée adaptée d’un essai biographique sur Claudette Colvin écrit par Tania de Montaigne en 2015 et qui a fait l’objet d’une pièce de théâtre mise en scène par Stéphane Foenkinos. Cette expérience nous immerge dans la peau de Claudette Colvin, jeune fille noire de 15 ans dans l’Alabama des années 1950 qui refuse de céder sa place assise à une femme blanche dans un bus.

Pour cette installation, nous utilisons le même dispositif que Solastalgia, la même technologie améliorée. L’équipe technique a développé et consolidé un système de streaming qui permet d’utiliser la puissance interne des serveurs, des ordinateurs pour faire passer dans le casque des images de très haute qualité. La puissance seule des casques étant très réduite.

Noire va être présentée l’année prochaine au Centre Pompidou, après ça, on cherche des lieux un peu partout en France et à l’international pour emmener Noire en tournée, dans les musées, les théâtres ect. Nous aimerions proposer des tailles différentes d’expériences et l’adapter aux lieux. Nous avons encore pleins d’idées et de projets pour cette installation !


Quels sont les futurs projets de Novaya ?

“L’idée c’est vraiment de raconter des histoires, de rencontrer des auteurs, de les accompagner dans la création d’expériences immersives dans d’autres univers.”

Nous avons un nouveau projet en écriture et en développement qui commence à être aidé. Ce projet s’appelle L’Or d’Amazone, projet créé par Pierre-Alain Giraud qui va utiliser la même technologie et le même dispositif toujours amélioré et adapté. Nous allons peut-être intégrer d’autres dispositifs, d’autres éléments. Nous aimerions faire une installation avec ce que nous appelons la réalité mixte, qui mélange plusieurs technologies. Il va avoir y avoir comme pour Noire, des projections sur un écran, des effets réels, des ventilateurs qui vont produire du vent, un système de son spatialisé. Nous avons envie de combiner plusieurs sources et d’adapter chaque projet, la technologie à l’histoire qu’on a envie de raconter. Pour l’instant il y a ses deux projets, Noire et L’or d’Amazone, et j’espère que ce n’est que le début et qu’il y en aura d’autres. Nous allons voir comment la société évolue, pour pouvoir développer d’autres projets . Nous voulons raconter des histoires, rencontrer des auteurs et les accompagner dans la création d’expériences immersives dans d’autres univers, en restant cohérent avec nos envies, nos désires, nos principes et nos valeurs.

Pourquoi avoir choisi l'incubateur 104factory ?

“Nous sommes au bon endroit pour développer la société et les projets.”

Je connais bien le CENTQUATRE-PARIS, en visiteuse, spectatrice. Je connais bien les espaces et aussi le CINQ. Quand nous avons découvert l’appel à projet, 104factory semblait l’endroit le plus adapté pour nous, pour pouvoir se développer. Novaya est une startup des industries culturelles et créatives, nous cochons toutes les cases. Nous sommes au bon endroit pour développer la société et les projets, les installations immersives. Ce serait évidemment également génial de faire une installation immersive au CENTQUATRE-PARIS. C’est un lieu idéal d’expérimentation et de rencontre avec le public. 

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